EVANGELISATION PAR AMITIE

I- DEFINITION DE L’EPA

C’est l’effort individuel entrepris par une personne née de nouveau (GBUssien) auprès d’un proche non chrétien (élève / étudiant) pour lui présenter l’évangile de Jésus-Christ à travers sa vie quotidienne (paroles, actes, attitudes) dans une relation amicale volontairement initiée et entretenue.

Commentaires :

Effort individuel : L’Epa est une forme d’évangélisation individuelle. Or, l’évangélisation individuelle est bien recommandée par la Bible. L’injonction du Seigneur à ses disciples, après sa résurrection, le laisse sous-entendre clairement (Matthieu 28.19, Actes 1.8).

Personne née de nouveau : C’est une condition sine qua non ; il faut être qualifié pour évangéliser (sacerdoce, vocation /ambassadeur, réconciliateur : 1Pierre 2.9, 2Corinthiens 5.18, 20).

Un proche non chrétien : L’effort d’évangélisation est orienté vers une personne donnée ; ce qui justifie l’appellation d’« évangélisation un à un ». Quoi de plus normal, quand on sait que le salut est fondamentalement une question individuelle (Jean 3.16, 1Jean 5.12, les « suis-moi » de Jésus dans Jean 1.43, 21.22 par exemple).

Auprès d’un proche non chrétien : Ce qui implique une fréquentation des personnes non chrétiennes. Paradoxalement, les chrétiens observe une prudence parfois mal comprise à l’endroit des non chrétiens ( mise à mal par Jean1.14, Luc 5.29, Matthieu 11.19).

Vie quotidienne : C’est une dimension naturelle, universelle de la proclamation de l’Evangile (2Cor. 3.3, 1Pierre 2. 12, Jean 13. 35). C’est la condition de réussite des autres méthodes d’évangélisation, car méthode de base (Illustration des parties d’un édifice, Voir « Relation Ebev-Epa » ).

Volontairement initiée : Il existe des relations amicales basées initialement sur toute autre considération que par intention d’évangélisation. Elles sont tout de même, par la suite, d’excellents moyens d’Epa !

Dans une relation amicale entretenue : Ceci distingue l’Epa des autres méthodes d’évangélisation individuelle : l’Epa s’inscrit à la fois dans la durée et dans une proximité plus soutenue, une certaine « intimité ». Nous trouvons dans la Bible d’intéressants exemples d’évangélisation individuelle très proches de l’Epa (Voir Exemples bibliques proches de l’Epa)  et d’excellents cas d’évangélisation individuelle n’impliquant pas forcement une proximité soutenue. L’ « opération André » ou l’ « opération Philippe1» (Jean 1.29-51) et l’ « opération Philippe  » (Actes 8.26-40) en sont l’illustration.

Relation volontairement initiée et entretenue : Cette expression souligne la responsabilité du chrétien pour que cette amitié soit véritable, sincère et solide. Par ailleurs, c’est lui qui en aura pris l’initiative. D’où l’effort à déployer.  La conversion de ce proche ( = ami) est un objectif poursuivi mais non le but ultime !

Les résultats de cette amitié ne nous appartiennent pas. Notre rôle principal est d’être amical à l’instar de notre modèle, le Christ.

II- QUELQUES CONDITIONS PRELIMINAIRES

Entretenir une communion étroite avec le Seigneur : par la Parole (lecture biblique, étude biblique, méditation), la prière, la communion des saints, le service. Car, par nos propres efforts, nous ne pouvons rien faire qui puisse rendre gloire à Dieu. Sans notre communion avec le Seigneur, ce sont plutôt nos faiblesses et nos imperfections qui seront mises en évidence. Notons en effet que l’ennemi s’acharnera pour ternir notre image et fera tout son possible pour trouver en nous une faille dans le seul but de faire échouer notre effort d’évangélisation. Mais nous ne devons pas nous laisser décourager par cette perspective !

Chercher à grandir spirituellement : en approfondissant nos connaissances bibliques et théologiques en vue d’aider efficacement notre ami.

Manifester une ouverture d‘esprit (et un peu de culture générale !) : sans quoi les centres d’intérêt (musique, sport, arts, politique, littérature, Ntic, mondialisation, etc.) avec nos amis non chrétiens pourraient être rares ! Malheureusement, on rencontre souvent des chrétiens « qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez ». Dès qu’on entame un sujet en dehors de la Bible, ils sont embarrassés et ne savent quoi dire. Notre étroitesse d’esprit et notre limite culturelle constituent un handicap sérieux dans notre désir de nouer une relation amicale sérieuse avec les autres. Il y a par contre, d’autres chrétiens qui ont un degré de culture formidable et sont au faîte de l’actualité, mais qui demeurent désespérément incultes bibliquement et théologiquement ! Efforçons-nous donc d’élargir notre horizon culturel. Cela contribuera certainement à nous

présenter devant notre ami comme un chrétien équilibré, humain comme lui et non comme « un ‘extra-terrestre’ qui a les pieds presque flottant en l’air ». Il faudrait toutefois veiller à ne pas nous compromettre avec les centres d’intérêt de notre ami qui nous écarteraient de la fidélité au Seigneur et à sa Parole (Exemple : fréquentation des boîtes de nuit, consultation de l’horoscope, jeux du hasard, etc.)

 Rester soi-même : être naturel, ne pas porter de masque. C’est malheureusement la tendance courante à laquelle nous sommes exposés dans ce genre de situation, parce que voulant à tout prix paraître à notre avantage, sans faute. Mais il nous faut savoir que nous sommes des êtres humains et non des anges !

Restons donc nous-mêmes, et adoptons une attitude sincère et honnête à l’égard de notre ami. Et quand il nous arrive de fauter, demandons humblement pardon. Un tel comportement contribuera à rassurer notre ami en consolidant notre confiance mutuelle.  L’approche entre deux personnes de sexes opposés doit être très prudente si elle n’était pas tout simplement déconseillée !

III- SUGGESTIONS D’ETAPES DE L’EPA

Ce qui suit, ne peut être perçu comme une norme, une loi. C’est juste des suggestions pour aider ceux qui ne savent pas comment s’y prendre pour la toute première fois. Classiquement cependant, la progression peut inspirer –aider si besoin- même le plus vieux routinier de l’Epa.

Etape I : Choisir l’ami

Le choix de l’ami se fait en demandant à Dieu d’orienter notre choix (mettre sur notre route la personne qu’il veut) et en observant les gens autour de nous pour discerner leurs centres d’intérêt, leurs traits de caractère, etc. Si nous nous désintéressons de ce qui préoccupe les gens, ils risquent alors d’attacher très peu d’intérêt à ce qui nous tient à coeur : l’Evangile.

On peut ainsi trouver un point de rapprochement, une porte d’entrée. Cette opération peut être essayer avec plus d’une personne. Mais finalement, il est souhaitable de n’avoir à faire qu’à un seul ami au cours d’une année académique/scolaire. On pourrait éventuellement aller jusqu’à deux. Au-delà, la qualité, et donc l’efficacité de l’Epa, peut s’en trouver affecter.

Généralement quinze jours à un mois, en tout début de l’année scolaire/académique, devraient nous suffire largement pour cette première étape.

Etape II : Enclencher l’amitié

 Il devrait se faire le plus naturellement possible, sans solennité particulière, sans tambours ni trompette, en exploitant, au besoin, le centre d’intérêt de la personne. Mais logiquement, nous devons commencer à nouer la relation à partir de notre intérêt commun : le travail, les études, la musique, le sport, le théâtre, etc. Dans ce cas, les sujets ne risquent pas de tarir à brève échéance.

 Puis, se rendre disponible pour répondre à ses sollicitations, que celles-ci soient exprimées ou non. Il faut, pour ce faire, être attentif à sa situation sociale (familiale, financière, etc.) et scolaire/estudiantine (faiblesses et points forts dans les études, etc.). Nous devons trouver du temps pour être avec lui pour toutes sortes de raisons : études, loisirs, entretien pour une connaissance mutuelle, discussions sur différents sujets, etc. Cela nous aiderait à percevoir au fil des jours ses réels besoins, son vrai visage afin de mieux orienter nos prières.

Retenons que, pour que notre effort porte du fruit, nous devons y mettre le prix !

Etre dès lors assez créatifs et prendre des initiatives pour consolider la relation (faire des sorties, aller au cinéma, pratiquer le sport, avoir des promenades, visiter les

camarades/parents, partager le thé, prendre des repas, faire des exercices, etc.) au cours des temps morts, des week ends, des vacances, etc.

 Chercher à comprendre, par l’observation notamment et /ou par des questions, parfois discrètes, quel degré d’intérêt accorde-t-il aux choses spirituelles.  Se garder, si possible, à cette étape d’aborder franchement et profondément avec lui les questions spirituelles, religieuses. A moins que ce ne soit sur son initiative propre. Dans ce

cas, si l’occasion est opportune et sérieuse, il faut exposer clairement l’Evangile (voir étape III) tout en répondant honnêtement à sa préoccupation de l’heure. En d’autres cas, il est souhaitable d’être mesuré et ne répondre qu’à sa préoccupation. De toutes les façons, nous serions déjà entrain de parler de lui régulièrement au Seigneur. Cela est en soi très important.

Etape III : Présenter l’Evangile

En fait, ceci se fait déjà par notre proximité physique avec lui, c’est à dire par notre vie sous ses yeux. Mais il sera indispensable, à un moment donné, d’avoir un entretien direct avec lui au sujet du salut, ne serait-ce que pour lui dire comment on peut parvenir au salut, comment on devient chrétien.

Ceci peut se faire lorsqu’on perçoit chez lui un réveil ou un regain certain pour les choses  spirituelles : il peut commencer à nous poser des questions d’ordre spirituel, parler de sa préoccupation ou de sa perplexité face à l’avenir, etc. Il peut être sérieux en le faisant, mais il pourrait choisir de le faire sous forme de taquineries, de blagues !

A ce moment il faut savoir dire clairement et le plus simplement possible ce que c’est que l’Evangile. Notre témoignage personnel peut être inclus pour appuyer notre message. Si nous ne sommes pas à mesure de le faire par nos propres termes :

 Voir « Naître par la Parole », page 36

 Utilisons la méthode dite « la route romaine ». Elle consiste à faire une simple lecture cursive, sans commentaire de votre part, dans l’ordre, les passages suivants : Romains 3.23 ; Romains 6.23 ; Romains 5.8 ; Romains 10.9-10 ; Romains 10.13. Dans ce cas, il serait judicieux d’utiliser l’une des trois versions suivantes : la Bible du semeur, la Bible en français courant ou la Bible en français fondamental.

Il faut toute fois noter que ce réveil ou ce regain peut très bien ne pas se manifester, d’où l’importance de savoir être sensible à la direction de l’esprit.

TRÈS IMPORTANT : Veillons à la qualité de la présentation du message que nous délivrons à ce moment-là. Par la suite en effet, il ne sera pas approprié de le « harceler »

sur ce sujet. C’est notre vie de témoignage qui reprendra le relais. Néanmoins, lorsque des occasions propices se présenteront, rappelons-lui la portée du message délivré.

 Exploitons la littérature d’évangélisation, les cassettes audio et audiovisuelles, faisons jouer le groupe en l’introduisant aux autres amis chrétiens, la communauté en l’invitant aux Ebevs, aux Ebeds et aux cultes, etc.

Etape IV : Aider à s’engager

L’Evangile est un message d’urgence (2 Corinthiens 6.2, Matthieu 4.1-20). Mais nous devons veiller à ne pas occasionner des « avortements spirituels » ni à provoquer des « naissances prématurées non viables », en jouant sur les émotions de nos amis ou en les manipulant de manière à leur faire prendre hâtivement une prétendue décision de conversion.

Nous serions mieux inspirés d’observer ce qui suit :

 Si l’ami n’est pas prêt, s’il hésite, ne pas mettre la pression. Il faut savoir patienter en persévérant dans la prière et dans les échanges avec lui.

 Si l’ami est prêt, et autant que cela dépende de nous, procédons de la manière suivante :

  • Vérifier qu’il a bien compris l’Evangile et qu’il a pesé le coût de l’engagement qu’il est sur le point de prendre. Par exemple, dans un contexte ou la personne encourrait une persécution, l’on pourrait lui lire Luc 14.25-33. Cette manière de procédé n’est toutefois pas un passage obligé, une sorte de « loi des Mèdes et des Perses ». Il faudra se laisser guider par l’Esprit Saint.
  • Il peut-être possible de lui demander de répondre alors au Seigneur immédiatement, de l’aider à faire la prière de confession, si possible en ses propres termes, de préférence à haute voix.
  • S’il ne consent pas encore à faire la prière de confession, l’exhorter à la faire dès que possible et le laisser partir en lui suggérant de vous en informer dès qu’il l’aura fait.

Etape V : Les prochains pas

 Passer du temps avec lui dans la prière, la méditation, la lecture de la Bible, l’étude de la Bible et le témoignage de la foi. Il pourra ainsi, petit à petit, suivre nos pas, nous imiter dans ce que nous faisons.

 Lui faire faire des cours par correspondance, si possible. Il est important de lui faire assimiler les notions fondamentales sur la personne de Jésus-Christ, sur le Saint-Esprit, sur la sanctification du croyant, sur les épreuves et les tentations.

 Lui apprendre qu’il a besoin :

  • De comprendre que sa nouvelle relation avec Dieu n’est pas basée sur ses sentiments qui sont changeants, mais sur la Parole certaine et éternelle de Dieu (1Timothée 1. 15 ; Romains 10. 9-10 ; Tite 3. 4-8 ; 1 Jean 5. 13 ; 2Timothée 4.7-8 )
  • De cultiver cette relation car être chrétien c’est apprendre à vivre chaque jour avec le Seigneur Jésus-Christ;
  • De communier avec le peuple de Dieu (l’aider à intégrer une église locale)

 Bien après cette étape, cet ami restera toujours un ami pour nous mais, le degré de dépendance devra être réduit pour son épanouissement et pour nous permettre de pouvoir reprendre le cycle avec un nouvel ami.

IV- ROLES DU GROUPE DANS L’EPA

Le groupe a des rôles importants à jouer pour une plus grande efficacité de l’Epa que pratiquent ses membres :

  • Le groupe doit mettre en bonne place, parmi ses activités, la formation et l’initiation de tous ses membres pour la formation de disciples (évangélisation et travail de suite).
  • Les responsables doivent alors servir de modèles pour encourager les membres en général et les nouveaux en particulier. Aussi, doivent-ils apporter sans cesse une exhortation pour que tout le monde s’engage dans l’effort commun d’évangélisation.
  • Le groupe doit soutenir sérieusement l’individu dans la prière. Lors des réunions périodiques de prière organisées par le groupe, un accent particulier doit être mis sur le soutien des efforts individuels dans l’Evangélisation par Amitié. Les membres auront alors l’occasion de partager leurs expériences sur ce sujet, notamment les problèmes rencontrés.
  • Sous l’impulsion des responsables, les membres du groupe gagneront à constituer des trios de prière qui seront des cadres très appropriés d’intercession et de partage d’expériences.
  • Le groupe organisera aussi des rencontres d’évangélisation ou de simple de communion qui seront un cadre d’accueil ou de décision pour les amis côtoyés par les membres pendant une certaine période de temps. Ces amis seront alors les premiers à y être invités.
  • Une rencontre de formation périodique, annuelle par exemple, pourra être envisagée sous forme de camps, de retraites ou autres, pour servir de cadre d’enseignements supplémentaires pour l’enracinement dans la foi des nouveaux disciples.